Teknik - Sécurité des sous-stations électriques - Parce que... c'est l'épisode 0x301!
Contenu de l'épisode
- 3 au 5 juin 2026 - Rennes, France - - SSTIC 2026
- 24 et 25 juin 2026 - Allemagne - - Troopers
- 26 et 27 juin 2026 - Paris, France - - leHACK
- 30 juin au 2 juillet 2026 - Lille, France - - Pass the SALT
- 6 au 9 août 2026 - Las Vegas, USA - - DEFCON 34
- 19 septembre 2026 - Montréal Canada - - Bsides Montréal 2026
- 22 septembre 2026 - Belgique - - BE-Cyber
- 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - - BruCON
- 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - - AligatorCon
- 13 et 14 novembre 2026 - Worldwide - - DEATHCon
- 16 au 19 novembre - Rennes, France - Pôle d'Excellence Cyber (PEC) - European Cyber Week 2026
Dans cet épisode, Georges Badro, consultant chez Mandiant à Paris spécialisé dans les infrastructures critiques et les systèmes industriels, explique le fonctionnement et la sécurisation des sous-stations électriques.
Architecture du réseau électrique
Le réseau électrique se décompose en trois zones : la génération (centrales hydrauliques, nucléaires, thermiques, renouvelables), le transport et la distribution. Le réseau de transmission permet de limiter les pertes d’énergie et surtout d’équilibrer production et consommation afin de maintenir une fréquence stable. Contrairement à un réseau d’eau, un réseau électrique exige un équilibre permanent entre ce qui est produit et ce qui est consommé, sous peine de l’endommager.
Les sous-stations sont les nœuds névralgiques de ce réseau de transmission : ces grands parcs clôturés que l’on aperçoit au bord des routes centralisent et redistribuent l’électricité. On y trouve des transformateurs et des disjoncteurs, ces derniers permettant d’ouvrir ou de fermer le courant. Aujourd’hui, ces équipements ne sont plus opérés manuellement mais via du contrôle numérique : interfaces homme-machine (IHM), contrôle à distance, RTU (Remote Terminal Units servant de passerelle vers le centre de contrôle), relais de protection et de contrôle (qui lisent tension, intensité et fréquence pour automatiser des décisions), postes d’ingénierie et équipements réseau.
Interconnexion croissante et surface d’attaque
Badro insiste sur la disparition de l’« air gap » d’autrefois. Les sous-stations sont désormais interconnectées avec les centres de contrôle, des tiers, des partenaires, parfois directement à internet, voire avec le cloud pour la maintenance prédictive. L’architecture type comprend un réseau IT, une DMZ séparant l’IT des systèmes industriels (OT), un centre de contrôle régional ou national (avec historians, serveurs SCADA, bases de données) relié aux sous-stations via VPN ou MPLS. Chaque sous-station est configurée différemment. Certaines connexions exploitent le Powerline Communication (PLC), qui utilise les câbles électriques existants pour transmettre des paquets TCP/IP. Cette multiplication des accès distants, justifiée par la difficulté d’intervenir physiquement dans des zones rurales, augmente considérablement le risque. Les protocoles courants incluent IEC 104, DNP3 et GOOSE.
Scénario d’attaque en Red Team
Badro détaille l’approche Red Team de Mandiant, précisant qu’un véritable attaquant ne prendrait pas les mêmes précautions. L’attaque commence généralement par un accès initial à l’IT via phishing ou exploitation de vulnérabilités. Suit une phase de reconnaissance : énumération du domaine, recherche de documentation sur les partages réseau et wikis, fichiers de configuration aux extensions spécifiques, mots de passe en clair (notamment de VPN) et schémas d’architecture.
L’accès au réseau OT s’obtient ensuite via un VPN, l’exploitation de flux autorisés au firewall, ou la compromission d’hyperviseurs hébergeant des VM IT et OT. Plutôt qu’un scan NMAP destructeur, l’équipe privilégie une reconnaissance furtive : écoute passive du trafic, analyse des adresses IP et MAC, utilisation de logiciels légitimes d’opérateurs et de scripts spécialisés (Modbus, DNP3).