Teknik - La place du tooling dans le threat intelligence (CTI) - Parce que... c'est l'épisode 0x2F3! — PolySécure Podcast

Teknik - La place du tooling dans le threat intelligence (CTI) - Parce que... c'est l'épisode 0x2F3!

PolySécure Podcast · 05/05/2026 04:00 · 34 min

Contenu de l'épisode

Parce que… c’est l’épisode 0x2F3! Shameless plug Description

Présentation des invités

Dans cet épisode technique de Polysécure, l’animateur reçoit deux analystes de l’équipe TDR (Threat Detection and Research) de Sekoya. Charles Meslay se spécialise en reverse engineering et en analyse de malware, tandis que Félix Aimé se concentre sur l’étude de campagnes liées à des États — cyberespionnage, sabotage — et joue un rôle central dans le développement d’outils internes pour mener les investigations. L’épisode prend appui sur un billet de blog récemment publié par l’équipe portant sur une campagne d’APT28, groupe étatique lié à la Russie, pour élargir la discussion à l’ensemble du tooling utilisé en CTI.

Du reverse engineering manuel à l’automatisation

Le point de départ concret est l’analyse d’un malware écrit en .NET, attribué à APT28 et découvert début 2025. Initialement, le travail reposait sur des outils classiques comme dnSpy : une interface graphique permettant de décompiler le code, de renommer les fonctions et de comprendre progressivement leur logique. Ce processus, bien que relativement accessible, est extrêmement chronophage — de une à trois semaines par binaire et par analyste.

Avec l’émergence des LLM, Charles a d’abord commencé à copier-coller manuellement des portions de code dans ChatGPT pour accélérer l’analyse. Cette pratique l’a conduit à une idée d’automatisation : la création d’un serveur MCP (Model Context Protocol), un protocole permettant à un LLM d’interagir avec des outils externes via une interface de type API. Ce serveur, mis en open source, est en réalité une brique d’un outil plus large développé en interne : Sara.

sarA : un orchestrateur d’analyse automatisée

Sara est présentée comme le cœur de l’écosystème d’analyse de Sekoya. Son fonctionnement est le suivant : on lui soumet un fichier, le LLM identifie le type de fichier et sélectionne les outils adaptés — qu’il s’agisse de Ghidra, d’IDA Pro ou d’outils maison en ligne de commande — pour procéder à l’analyse. À l’issue du processus, Sara génère un rapport structuré comprenant la description du comportement du binaire, les différentes couches d’obfuscation détectées, des scripts de désobfuscation si nécessaire, et une liste explicite des angles morts de l’analyse, notamment en cas de limitations liées aux tokens ou au nombre de passes effectuées.

Le gain est spectaculaire : le temps d’analyse est passé de plusieurs semaines à quelques minutes. Au-delà du gain de vitesse, Sara a également élargi le cercle des analystes capables de contribuer au reverse engineering, y compris ceux qui n’avaient pas de formation approfondie dans ce domaine. Les analystes spécialisés, comme Charles, continuent quant à eux à intervenir sur les cas complexes que l’outil ne résout pas seul.

Un écosystème d’outils progressivement construit

Félix retrace l’histoire du tooling interne, développé de façon itérative au fil des années. Au départ, l’équipe disposait d’un simple serveur de cache connecté à des API tierces comme VirusTotal, permettant de limiter la consommation de quotas. Ce serveur a ensuite été refondu pour gérer de manière transparente les clés d’API, simplifiant ainsi la vie des développeurs internes.

L’équipe a ensuite créé un ensemble d’API maison pour automatiser des tâches courantes : requêtes DNS, récupération de plages d’IP sur des AS, etc. Ces briques ont permis de construire 150 transformes pour Maltego, un logiciel d’analyse permettant d’appliquer des micro-opérations sur des entités (adre

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