Teknik - La curiosité source de toutes les croissances en cybersécurité - Parce que... c'est l'épisode 0x31C!
Contenu de l'épisode
- 6 au 9 août 2026 - Las Vegas, USA - - DEFCON 34
- 19 septembre 2026 - Montréal Canada - - Bsides Montréal 2026
- 22 septembre 2026 - Belgique - - BE-Cyber
- 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - - BruCON
- 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - - AligatorCon
- 13 et 14 novembre 2026 - Worldwide - - DEATHCon
- 16 au 19 novembre - Rennes, France - Pôle d'Excellence Cyber (PEC) - European Cyber Week 2026
- 1 au 3 décembre 2026 - Ottawa, Canada - Forward Global - Forum inCYBER Canada
Une conversation sur une terrasse, un sujet qui mijotait depuis longtemps
L’épisode s’ouvre de façon informelle, en terrasse, un lundi ensoleillé. L’animateur et Martin Dubé annoncent qu’ils allaient enfin aborder un sujet qu’ils repoussaient depuis longtemps : un mandat de test d’intrusion que Martin avait réalisé sur un réseau LTE (4G) privé, à une époque où il n’avait qu’une connaissance limitée de cette technologie. Le fil conducteur de la discussion est la curiosité comme moteur de croissance professionnelle en cybersécurité, illustré par ce mandat devenu un succès marquant dans sa carrière.
Se lancer dans l’inconnu : du pentest classique au LTE
Martin explique que son parcours en test d’intrusion a toujours été motivé par la curiosité plutôt que par une expertise préalable. Il rappelle ses débuts chez Gocker, où une jeune équipe sans expérience formelle a appris « sur le tas ». Cette philosophie l’a suivi tout au long de sa carrière : il se dit attiré par les mandats qui le poussent hors de sa zone de confort.
Le LTE constitue un univers à part, très différent du monde informatique traditionnel (Windows, Linux) : des protocoles propriétaires, complexes, empilés au fil des générations (3G, 4G, 5G) par l’organisme 3GPP, chaque itération apportant son lot de nouveaux acronymes déconnectés des précédents. Le mandat portait spécifiquement sur un réseau LTE privé, avec ses propres mécanismes de contrôle d’accès (notamment le verrouillage IMEI, qui lie une carte SIM à un appareil précis), absents des réseaux cellulaires publics.
Une préparation intensive
Pour se qualifier, Martin s’est procuré une carte Blade RF, a étudié le fonctionnement du matériel, préparé des payloads jusque dans sa chambre d’hôtel et dans l’avion, et a visionné une quinzaine de présentations DEF CON sur les attaques LTE. Il en retient que malgré la complexité apparente, les mêmes patterns d’attaque reviennent constamment : injections, services exposés, adresses IP mal protégées.
Il livre un message clé aux auditeurs : ne pas laisser le syndrome de l’imposteur freiner les décisions. Selon lui, un « expert » est simplement quelqu’un qui a travaillé fort et qui continue d’apprendre ; s’accrocher au statut d’expert peut au contraire limiter la capacité à sortir de sa zone de confort. Martin insiste sur l’accumulation d’expérience comme capital réutilisable : après une quinzaine d’années en test offensif, il reconnaît que les fondamentaux (penser comme un attaquant) restent transférables d’une technologie à l’autre, seuls les acronymes changent. Il souligne aussi que l’accès à l’information (recherche en ligne, outils d’IA comme Copilot) a rendu l’apprentissage de nouveaux domaines beaucoup plus rapide qu’auparavant.
Concrètement, pour écrire ses payloads en C, il a utilisé le framework open source srsRAN, qui permet de simuler un réseau LTE complet, et s’est appuyé sur Copilot pour comprendre le code et cibler les modifications nécessaires. Une soirée d’hôtel a suffi pour obtenir un premier résultat fonctionnel.
Le pouvoir du threat modeling
La deuxième moitié de l’échange se concentre sur la méthodologie du mandat. Le client, relativement mature, exigeait un atelier de modélisation des menaces (threat modeling) avant même la rédaction du plan de test, lequel devait ensuite être approuvé par les parties prenantes. L’équipe a suivi une approche inspirée de l’OWASP, réunissant plusieurs intervenants pour déterminer ce qu’il fallait sécuriser en priorité. Le sujet retenu a été le provisionnement des cartes SIM, élément central de l’accès au réseau LTE (les clés de chiffrement intégrées aux cartes, non extractibles, et leur copie détenue par le fournisseur).
Cet atelier d’une semaine a permis de faire émerger, avant même les tests techniques, plusieurs hypothèses de vulnérabilités fondées sur les risques réels plutôt que sur un périmètre imposé arbitrairement. Martin partage un exemple marquant : lors des discussions, un accès jugé initialement comme « lecture seule » sur un système de