Teknik - État de la menace en 2026 (Cybereco) - Parce que... c'est l'épisode 0x2FC!
Contenu de l'épisode
- 3 au 5 juin 2026 - Rennes, France - - SSTIC 2026
- 24 et 25 juin 2026 - Allemagne - - Troopers
- 26 et 27 juin 2026 - Paris, France - - leHACK
- 30 juin au 2 juillet 2026 - Lille, France - - Pass the SALT
- 6 au 9 août 2026 - Las Vegas, USA - - DEFCON 34
- 19 septembre 2026 - Montréal Canada - - Bsides Montréal 2026
- 22 septembre 2026 - Belgique - - BE-Cyber
- 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - - BruCON
- 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - - AligatorCon
- 13 et 14 novembre 2026 - Worldwide - - DEATHCon
Dans cet épisode spécial de Polysécure consacré à Cybereco, Charles F. Hamilton présente son analyse annuelle de l’état de la menace cyber en 2026. Comme chaque année, il s’efforce de distinguer le discours marketing des vendeurs de la réalité observée sur le terrain, fort de son expérience quotidienne en tests d’intrusion offensifs.
Azure et Entra ID : des failles par défaut
Une large partie de la discussion porte sur l’environnement Microsoft Azure et Entra ID (anciennement Azure Active Directory). Charles souligne un problème fondamental : beaucoup d’entreprises partent du principe que « si c’est Microsoft, c’est sécurisé », ce qui crée une forme de déresponsabilisation dangereuse. En réalité, la configuration par défaut d’Azure offre très peu de visibilité — les logs et informations de sécurité essentiels sont verrouillés derrière un paywall, rendant la validation quasi impossible sans un intervenant offensif.
Un exemple frappant illustre ce problème : lorsqu’une entreprise configure une politique d’accès conditionnel imposant le MFA pour toutes les applications mais ajoute une seule exception (par exemple pour un compte d’automatisation), Microsoft ajoutait silencieusement Microsoft Graph et Azure Active Directory dans les exceptions. Or, Microsoft Graph est le point d’entrée vers pratiquement tous les services cloud. Un attaquant disposant d’un identifiant et mot de passe pouvait donc s’authentifier via Microsoft Graph sans aucun MFA. Bien que Microsoft ait corrigé ce comportement récemment, toute exception créée avant le correctif reste active. Charles en découvre encore quotidiennement, ce qui pose un problème majeur — notamment pour les assureurs, dont les questionnaires de conformité ne détectent pas ces failles.
Le décalage entre sécurité offensive et défensive
Charles défend l’idée que la sécurité offensive a une longueur d’avance considérable sur la défensive. Les produits de sécurité défensive bloquent souvent des menaces qui datent de plusieurs années, pas celles d’aujourd’hui. Il prend l’exemple du device code phishing, une technique qu’il utilise depuis une dizaine d’années et que les attaquants malveillants commencent seulement à découvrir en 2026. Les entreprises qui ont investi dans des tests offensifs il y a cinq ou six ans sont déjà protégées ; les autres paniquent aujourd’hui.
Il insiste sur la valeur du Red Team : contrairement à un scan automatisé qui produit des milliers de vulnérabilités toutes marquées « critiques », un Red Team raconte une histoire — il identifie le chemin qu’un attaquant emprunterait pour atteindre ce qui a réellement de la valeur pour l’entreprise. Charles mentionne également le score EPSS (Exploit Prediction Scoring System), encore trop méconnu, qui permet de prioriser les vulnérabilités en fonction de leur probabilité réelle d’exploitation plutôt que de leur sévérité théorique.
Infostealers et ClickFix : les menaces du quotidien
La conversation aborde ensuite les infostealers, des logiciels malveillants qui récupèrent les mots de passe stockés dans les navigateurs. Leur efficacité tient à leur discrétion : ils ne touchent pas aux processus surveillés par les EDR/XDR et sont donc très peu détectés. Pire, ils se propagent souvent via des installeurs gratuits pour des jeux populaires comme Roblox ou Minecraft, ciblant les enfants. Quand un parent prête son ordinateur professionnel à son enfant, les identifiants corporatifs se retrouvent compromis. Charles rapporte des chiffres vertigineux : un de ses contacts dans le domaine possède des logs provenant de 600 millions de postes uniques infectés par des info