Le marché dérégulé selon Cyber Citoyen et Polysécure - Parce que... c'est l'épisode 0x30B!
Contenu de l'épisode
- 24 et 25 juin 2026 - Allemagne - - Troopers
- 26 et 27 juin 2026 - Paris, France - - leHACK
- 30 juin au 2 juillet 2026 - Lille, France - - Pass the SALT
- 6 au 9 août 2026 - Las Vegas, USA - - DEFCON 34
- 19 septembre 2026 - Montréal Canada - - Bsides Montréal 2026
- 22 septembre 2026 - Belgique - - BE-Cyber
- 24 au 25 septembre 2026 - Belgique - - BruCON
- 1er au 3 octobre 2026 - Krakow, Pologne - - AligatorCon
- 13 et 14 novembre 2026 - Worldwide - - DEATHCon
- 16 au 19 novembre - Rennes, France - Pôle d'Excellence Cyber (PEC) - European Cyber Week 2026
- 1 au 3 décembre 2026 - Ottawa, Canada - Forward Global - Forum inCYBER Canada
Dans cette 17e collaboration entre les balados Cyber Citoyen et Polysécure, Catherine anime la discussion avec Sam et Nicolas autour de quatre grands thèmes : la surveillance étatique en Russie, les abus du système de surveillance routière Flock, une étude sur les noms de domaine malveillants et le couplage de cette tendance avec le phishing, et enfin une anecdote sur les véhicules de livraison Amazon.
Le système Sorm en Russie
Sam ouvre l’épisode en présentant le Sorm, un système russe de surveillance des communications téléphoniques et internet datant de 1995. Conçu au départ pour donner au FSB un accès direct aux infrastructures téléphoniques, il a été étendu en 1998 aux fournisseurs d’accès internet, puis intensifié autour des Jeux olympiques de Sochi sous prétexte sécuritaire. Les fournisseurs doivent installer cet équipement à leurs propres frais, ce qui pousse les petits opérateurs à résister, sous peine d’amendes ou de retrait de licence pendant dix ans. Le système permet désormais des recherches par mots-clés et centralise des données extrêmement sensibles : adresses, passeports, coordonnées bancaires, géolocalisation, adresses IP et courriels. Les intervenants soulignent le parallèle avec les pratiques américaines révélées par Snowden, et notent que cette intensification coïncide avec le mécontentement intérieur lié à la guerre en Ukraine. La discussion s’élargit aux blocages d’internet ailleurs (Iran, listes blanches), à la conférence SplinterNet sur la fragmentation du réseau mondial, puis à des tendances similaires dans les démocraties occidentales (Chat Control en Europe, le projet de loi C-2 au Canada, les lois britanniques), illustrant que l’identification obligatoire (numéros de téléphone, cartes SIM, interdiction des téléphones jetables aux États-Unis) n’est pas l’apanage des régimes autoritaires. Nicolas évoque aussi son expérience personnelle en Corée du Sud, où l’identité est systématiquement liée aux services numériques. Le segment se conclut sur l’inquiétude que cette centralisation des données personnelles russes constitue elle-même une cible de choix pour des puissances rivales, et sur le constat plus large d’une incompréhension généralisée des conséquences à long terme de ces choix technologiques.
Les dérives du système Flock
Nicolas revient ensuite sur Flock, le système de reconnaissance de plaques d’immatriculation, déjà abordé dans un épisode précédent. Grâce au site DeFlock, des citoyens ont découvert que leur plaque avait été recherchée des centaines de fois sans justification : un cas où un policier avait consulté la plaque d’une victime plus de cent fois, et un chef de police pris à espionner sa propre conjointe. La réponse de l’entreprise Flock, qui se targue de transparence plutôt que de reconnaître le problème, est jugée particulièrement maladroite, surtout après la révélation qu’une quarantaine de nouveaux cas d’abus ont été recensés en un seul mois. Les animateurs saluent le rôle du journalisme d’enquête (notamment celui de 404 Media) dans la mise en lumière de ces dérives, et comparent l’absence de garde-fous chez Flock aux systèmes d’alerte automatique utilisés dans les réseaux hospitaliers ou les agences gouvernementales, où une consultation anormale d’un dossier déclenche immédiatement une enquête.